
Des sites proposent déjà de « préparer » votre ETIAS, parfois contre plusieurs dizaines d’euros. Ne payez rien. Au 22 octobre 2026, le système européen n’est pas encore opérationnel et aucune demande officielle n’est collectée. L’autorisation coûtera bien 20 euros lorsqu’elle ouvrira, mais la date précise n’a pas encore été annoncée (1).
Cette confusion tombe au pire moment. Le contrôle biométrique EES est désormais visible aux frontières, le mot ETIAS circule dans les compagnies aériennes et de faux intermédiaires profitent du mélange. Voici ce qui est réellement décidé, qui devra payer et comment reconnaître le bon site le jour où les demandes commenceront.
L’ETIAS n’accepte aucune demande. Le portail officiel est europa.eu/etias. Si un site vous demande aujourd’hui de payer une autorisation ETIAS, vous n’achetez pas l’autorisation européenne.
Pourquoi tout le monde parle soudain d’un ETIAS à 20 euros
L’Union européenne a confirmé un tarif de 20 euros pour la future autorisation. Elle indique un démarrage attendu au dernier trimestre 2026, tout en précisant que la date exacte sera annoncée plusieurs mois à l’avance (1). Autrement dit : le prix est officiel, l’ouverture ne l’est pas encore.
Le calendrier a déjà changé par le passé. Il faut donc résister aux titres qui transforment une fenêtre prévisionnelle en date ferme. Aucun voyageur ne doit « anticiper » en envoyant son passeport et sa carte bancaire à une plateforme privée. La seule anticipation utile consiste à vérifier la validité de son document et à conserver l’adresse officielle.
Les Français doivent-ils demander un ETIAS ?
Non, un citoyen français voyageant avec un passeport ou une carte d’identité française n’a pas besoin d’ETIAS pour entrer dans l’espace concerné. L’autorisation vise les ressortissants de pays non membres de l’Union européenne qui n’ont normalement pas besoin d’un visa pour un court séjour dans trente pays européens.
Un couple ou une famille peut donc avoir des obligations différentes. Une personne française n’est pas concernée ; son conjoint américain, canadien, britannique ou australien peut l’être, selon sa nationalité, son statut et le document présenté. Certaines catégories de membres de famille d’un citoyen de l’Union bénéficient d’exemptions ou de règles particulières. La vérification doit toujours être faite personne par personne sur le portail officiel.
| Profil | ETIAS à prévoir ? | Action maintenant |
|---|---|---|
| Citoyen français avec document français | Non | Vérifier la validité du document |
| Voyageur non-UE dispensé de visa | Probablement à l’ouverture | Attendre le portail officiel |
| Voyageur soumis à visa Schengen | Non, procédure visa | Suivre les règles du visa |
| Moins de 18 ans ou plus de 70 ans concerné | Demande requise, frais normalement exonérés | Attendre l’ouverture |
Ce que les 20 euros achèteront réellement
L’ETIAS ne sera pas un visa. Ce sera une autorisation de voyage électronique liée au passeport utilisé pour la demande. L’Union européenne annonce une validité maximale de trois ans, ou jusqu’à l’expiration du passeport si celle-ci arrive plus tôt (2). Un renouvellement de passeport imposera donc une nouvelle autorisation.
La demande coûtera 20 euros pour les personnes de 18 à 70 ans. Les moins de 18 ans et les plus de 70 ans devront en principe remplir la demande mais seront dispensés des frais ; d’autres exemptions existent pour certains membres de famille (2). Le paiement ne garantit jamais l’entrée : la décision finale reste prise au contrôle frontalier.
Une autorisation valide permettra des courts séjours allant jusqu’à 90 jours sur une période de 180 jours dans les pays participants. Elle ne créera ni droit au travail ni possibilité de s’installer. Pour un projet plus long, il faudra toujours examiner les règles nationales de visa et de séjour.
Le piège le plus crédible n’aura pas l’air d’une arnaque
Un faux portail grossier est facile à fermer. Le danger vient des sites bien traduits, achetant de la publicité sur les moteurs de recherche et utilisant des mots comme « assistance », « vérification prioritaire » ou « pré-enregistrement ». Ils peuvent facturer une prestation privée, conserver des données sensibles ou laisser croire qu’une formalité impossible a été accomplie.
L’IATA rappelle que seul le portail officiel et l’application officielle devront être utilisés, et alerte sur les plateformes frauduleuses ou non officielles (3). Le bon réflexe n’est pas de cliquer sur le premier résultat sponsorisé. Tapez directement europa.eu/etias, puis vérifiez que l’adresse reste sur le domaine europa.eu avant de saisir quoi que ce soit.
- le site prétend que la demande est ouverte avant l’annonce européenne ;
- il promet une validation garantie ou « instantanée » moyennant un supplément ;
- le prix final dépasse 20 euros sans expliquer clairement des frais de service privés ;
- l’adresse ne se termine pas par europa.eu ;
- il réclame un virement, une cryptomonnaie ou des documents sans connexion sécurisée.
ETIAS et EES : la différence qui nourrit la confusion
L’EES est un système d’enregistrement aux frontières. Il concerne le passage physique : données du document, entrée, sortie et éléments biométriques pour certains voyageurs non européens. L’ETIAS est une autorisation préalable obtenue en ligne avant le départ. Le premier peut donc être visible à l’aéroport alors que le second n’accepte toujours aucune demande.
Cette différence explique pourquoi des voyageurs pensent avoir « déjà fait l’ETIAS » devant une borne. Ce n’est pas le cas. Pour comprendre le contrôle aujourd’hui en service et la marge à garder en correspondance, consultez notre point sur les files EES dans les aéroports.
Faut-il attendre la dernière minute quand le portail ouvrira ?
Non. L’Union européenne indique que la plupart des dossiers devraient être traités rapidement, mais certains pourront demander des informations ou vérifications supplémentaires. Dès que le lancement sera officiel, la bonne fenêtre sera après la réservation principale et plusieurs semaines avant le départ, pas dans le taxi vers l’aéroport.
Attention toutefois au passeport : faire la demande puis renouveler le document avant le voyage rendrait l’autorisation liée à l’ancien passeport inutilisable. Si votre passeport expire bientôt, vérifiez d’abord les exigences de la destination et décidez dans le bon ordre. Notre guide pour préparer une demande de visa ou d’autorisation rappelle les documents à anticiper.
La checklist à garder jusqu’à l’ouverture
- Ne payer aucune « demande ETIAS » au 22 octobre 2026.
- Enregistrer l’adresse https://travel-europe.europa.eu/etias.
- Vérifier la nationalité et le passeport de chaque voyageur, y compris les enfants.
- Attendre l’annonce d’une date ferme par l’Union européenne.
- Le moment venu, utiliser le même passeport pour la demande et le voyage.
- Lire les courriels de suivi sans ouvrir de lien douteux ; revenir au portail par l’adresse enregistrée.
La réponse courte : rien à acheter aujourd’hui
Oui, l’ETIAS coûtera 20 euros à une grande partie des voyageurs concernés. Non, il n’est pas possible d’obtenir cette autorisation au 22 octobre 2026. Un Français voyageant avec ses papiers français n’aura pas à la demander. Les ressortissants non européens dispensés de visa devront attendre l’ouverture officielle, sans passer par un intermédiaire qui joue sur l’urgence.
Le jour où l’Union européenne annoncera une date, nous mettrons ce dossier à jour avec le calendrier, le lien de demande et les premiers délais constatés. D’ici là, garder ses 20 euros est la seule décision correcte.
(1) https://travel-europe.europa.eu/etias
(2) https://travel-europe.europa.eu/etias/faq
(3) https://www.iata.org/en/about/worldwide/europe/new-entry-requirements-eu/



