
J’avais une réunion à Londres. Pas le temps de chercher midi à quatorze heures : j’ai pris British Airways, aller-retour, départ de Charles-de-Gaulle, destination Heathrow. Un vol court-courrier d’environ 1h20, sur une liaison que des millions de voyageurs empruntent chaque année. Autant dire que c’est l’un des trajets les plus banals d’Europe — et pourtant, c’est souvent sur ce genre de vol que l’on juge vraiment une compagnie.
Ce que je voulais vérifier ? La réputation de British Airways en Economy, qui traîne des avis très partagés depuis quelques années. Entre ceux qui crient au scandale (siège inconfortable, service au rabais) et ceux qui restent fidèles à la compagnie historique britannique, difficile de savoir ce qu’on va vraiment trouver à bord.
Spoiler : j’ai été mi-figue mi-raisin. Ni catastrophe, ni révélation. Mais les détails comptent, et c’est exactement ce que je vais vous donner dans cet article — du concret, pour que vous sachiez à quoi vous attendre avant de réserver.
On va couvrir dans l’ordre : la réservation, l’embarquement, l’expérience à bord (siège, repas, équipage, divertissement), la ponctualité, le programme de fidélité, puis mon avis final avec une note chiffrée pour chaque critère.
La réservation et le prix : simple, mais attention aux options
Le site de British Airways (ba.com) est propre, rapide, bien structuré. La recherche de vol est intuitive, le tunnel de réservation ne cache pas trop les frais. J’ai payé 189 € pour l’aller-retour en Economy standard, réservé environ trois semaines à l’avance. Pour Paris-Londres, c’est dans la moyenne — ni le meilleur prix du marché (Eurostar ou les low-cost peuvent faire mieux), ni un tarif absurde.
Là où BA reprend d’une main ce qu’elle donne de l’autre, c’est sur les options payantes. Bagage en soute non inclus dans le tarif de base (comptez une vingtaine d’euros par trajet), choix du siège facturé sauf si vous acceptez l’attribution aléatoire, et repas à bord vendu séparément. Rien d’exceptionnel dans l’industrie, mais à surveiller : si vous cochez tout, votre billet « abordable » peut grimper rapidement.
À éviter : ne pas lire les conditions du tarif « Hand Baggage Only ». Comme son nom l’indique, seul un bagage cabine est inclus. Un deuxième bagage en soute se facture après coup à un prix nettement plus élevé que si vous l’aviez ajouté à la réservation initiale.
L’enregistrement et l’embarquement : efficace, sans surprise
L’enregistrement en ligne s’ouvre 24 heures avant le départ. C’est standard. L’appli BA fonctionne bien — carte d’embarquement téléchargée en deux minutes, sans friction. Ce point-là, ils le gèrent vraiment bien.
À CDG, le comptoir BA se trouve au Terminal 2A. J’ai déposé mon bagage en soute sans file d’attente significative (départ en milieu de matinée, ce qui aide). Le personnel au sol était professionnel, efficace, sans être particulièrement chaleureux. Fonctionnel.
L’embarquement a démarré à l’heure annoncée. BA applique un système par groupes (boarding zones), ce qui, en théorie, évite la cohue. En pratique, tout le monde se lève en même temps dès l’annonce du premier groupe — rien de propre à BA, c’est une constante dans l’aviation. Mais ça s’est globalement bien passé, sans chaos notable.
Mon ressenti : l’embarquement prioritaire pour les familles avec enfants et les passagers à mobilité réduite est bien respecté. C’est un détail, mais ça dit quelque chose sur la façon dont une compagnie gère ses opérations au sol.

À bord : l’expérience en vol
L’accueil et l’équipage
L’équipage était souriant à l’embarquement, carré pendant le vol, moins disponible une fois le service terminé. Les agents de bord parlaient anglais en priorité, avec quelques mots de français pour les passagers visiblement francophones. Rien de systématique.
Ce vol ne dure pas 11 heures — on est sur 1h20 de trajet. Le personnel n’a pas le temps de construire une relation avec les passagers. Ils font leur job, correctement, sans étincelle particulière. Si vous cherchez un accueil chaleureux et personnalisé, ce n’est pas sur un court-courrier BA que vous le trouverez.
Le siège et le confort
Voilà le point qui fâche un peu. J’ai voyagé sur un A320. En Economy, l’espace aux jambes est mesuré — environ 79 cm de pas (pitch), ce qui est dans la norme basse pour un vol européen. Mon voisin mesurait facilement 1m88, et ses genoux étaient en contact direct avec le siège devant lui pendant toute la durée du vol. Pas dramatique sur 1h20, mais à noter si vous êtes grand.
Le siège en lui-même : rembourrage correct, pas exceptionnel. Le tissu commence à montrer son âge sur certains appareils. Inclinaison minime — on parle de quelques centimètres, ce qui ne change pas grand-chose. Pas de prise USB, pas de prise électrique en Economy sur ce type d’appareil. Chargez votre téléphone avant d’embarquer.
Largeur du siège : environ 44 cm. Standard pour la classe.
Le divertissement
Pas d’écran individuel en Economy sur les vols courts. BA propose une application de divertissement (BA High Life Entertainment) à télécharger avant le vol sur votre propre appareil. Quelques films, séries, podcasts et magazines sont disponibles en streaming via le Wi-Fi de bord.
Le Wi-Fi est payant : comptez entre 4 et 17 € selon le forfait. Le débit constaté était correct pour envoyer des emails et naviguer, insuffisant pour streamer en haute définition.
Pour un vol de 1h20, c’est acceptable. Sur un long-courrier, l’absence d’écran individuel serait rédhibitoire — mais ici, ce n’est pas le critère prioritaire.
Le repas et les boissons
En Economy sur ce trajet, rien n’est inclus dans le prix de base. Eau, café, sandwich : tout se paie. C’est la politique tarifaire de BA sur les vols courts depuis plusieurs années, et elle reste l’une des principales critiques des voyageurs.
J’ai acheté un sandwich poulet-avocat et un café. Sandwich correct, rien de mémorable, au prix d’un café parisien pour chaque item. La qualité n’était pas mauvaise — emballage soigné, fraîcheur au rendez-vous — mais le rapport qualité/prix reste discutable.
Les boissons chaudes et froides sont disponibles à la vente. Aucune option de repas spécial (végétarien, halal, sans gluten) n’est proposée sur ce format de vol — ou du moins, rien ne l’indiquait clairement lors de ma réservation.
Les toilettes
Propres au moment où je les ai utilisées (environ 40 minutes après le décollage). Dimensions standards pour un A320 — on tient, mais sans confort. Une file d’attente s’est formée en fin de vol, ce qui est habituel. Rien à signaler de particulier.
La ponctualité et l’arrivée
Départ prévu à 9h35, départ réel à 9h41. Six minutes de retard — quasiment à l’heure. Arrivée à Heathrow avec quelques minutes d’avance sur l’heure prévue, grâce à un vent favorable.
Récupération des bagages à Heathrow : environ 25 minutes d’attente au tapis. C’est dans la norme pour Heathrow, qui est un aéroport chargé. Pas de bagage perdu, pas d’incident.
À noter pour Heathrow : les transits internes entre terminaux prennent du temps. Si vous avez une correspondance, prévoyez large — les distances sont réelles et les files aux contrôles peuvent s’allonger.

Le programme de fidélité : Avios
British Airways fait partie de l’alliance Oneworld et propose le programme de fidélité Executive Club, basé sur les Avios. Ce vol Paris-Londres m’a rapporté environ 500 Avios en tarif Economy standard — une somme modeste, mais qui s’accumule si vous voyagez régulièrement avec BA ou ses partenaires (Iberia, Vueling, American Airlines, etc.).
Le programme est plutôt bien conçu pour les voyageurs fréquents européens. Les Avios peuvent s’utiliser pour des vols, des surclassements ou des nuits d’hôtel. Le principal reproche : les barèmes d’utilisation ont été revus à la hausse ces dernières années, ce qui rend les « bonnes affaires » en miles moins fréquentes qu’avant.
Pour un voyageur occasionnel, le programme reste pertinent si vous volez régulièrement avec les compagnies du groupe IAG. Sinon, les points s’accumulent lentement.
Mon avis final sur British Airways
Tableau récapitulatif
| Critère | Note /10 |
|---|---|
| Réservation | 7/10 |
| Embarquement | 7/10 |
| Confort siège | 5/10 |
| Repas | 4/10 |
| Divertissement | 5/10 |
| Équipage | 6/10 |
| Ponctualité | 8/10 |
| Rapport qualité/prix | 5/10 |
| Note globale | 5,9/10 |
Ce que j’ai aimé
- La ponctualité : départ et arrivée conformes aux horaires, sans stress.
- Le processus d’embarquement : organisé, fluide, sans chaos.
- La fiabilité globale : BA reste une compagnie sérieuse sur l’opérationnel.
Ce que je n’ai pas aimé
- Rien d’inclus dans le prix de base : même un verre d’eau se paie.
- L’espace aux jambes : insuffisant pour les grands gabarits.
- Le rapport qualité/prix : pour ce que vous obtenez, le tarif n’est pas toujours justifié face aux low-cost.
Pour quel type de voyageur ?
British Airways convient aux voyageurs d’affaires qui voyagent fréquemment sur l’axe Londres et qui cumulen des Avios, ainsi qu’aux passagers qui privilégient la fiabilité opérationnelle et une compagnie structurée. Elle convient moins aux voyageurs budget qui cherchent le meilleur prix tout compris — sur Paris-Londres, EasyJet ou Vueling peuvent offrir un meilleur rapport qualité/prix en Economy.
Est-ce que je la reprendrais ? Oui, si le prix est compétitif et le timing pratique. Non, si une alternative moins chère propose un service comparable sur la même liaison.

Conseils pratiques avant de voler avec British Airways
- Les meilleurs sièges en Economy sur A320 : rangées 11 à 15 pour un bon compromis espace/proximité de la sortie. Évitez la dernière rangée (inclinaison nulle, bruit des moteurs).
- Le meilleur moment pour réserver : entre 6 et 8 semaines à l’avance pour un vol Europe. Les prix grimpent significativement sous les 2 semaines.
- Pour payer moins cher : comparez toujours sur Google Flights ou Skyscanner avant d’aller sur ba.com directement. Les tarifs fluctuent souvent d’un jour sur l’autre.
- À savoir avant de voler : vérifiez bien ce qui est inclus dans votre tarif (bagage cabine uniquement ou soute ?). Ajoutez le bagage en soute à la réservation, pas après — c’est systématiquement moins cher.
- Pour comparer d’autres compagnies sur des liaisons européennes, retrouvez mes autres tests sur Voyageons.top.
Verdict : une valeur sûre, pas un coup de cœur
British Airways reste une compagnie fiable sur le Paris-Londres. Elle ne vous surprendra pas dans le mauvais sens du terme, mais elle ne vous séduira pas non plus par son service en Economy. Fiable, correcte, un peu froide — et tarifée en conséquence.
Et vous, quelle a été votre expérience avec British Airways ? Partagez votre avis en commentaire — j’y réponds toujours.




Lamentable !
Après avoir acheté nos billets d’avion Luxembourg-Cork avec escale à Londres (car pas de vol direct pour Cork), pour 786 € (AR pour 2 personnes), il nous a tout simplement été impossible de monter dans l’avion et nous avons dû annuler notre voyage….
En effet, alors que cette information ne nous a été donnée à aucun moment lors de notre réservation, ni même lors de l’enregistrement sur le site de la compagnie, ce n’est qu’arrivés au guichet de l’aéroport que nous avons appris qu’il nous fallait présenter nos passeports (et pas seulement nos CNI) en raison de l’escale (d’1h30) à Londres.
Or, Cork (Irlande du Sud) étant dans l’Union européenne, les restrictions liées au Brexit ne s’y appliquent pas et la CNI suffit normalement pour s’y rendre.
Mais rien à faire, même pour un simple transit à Londres, il faut présenter un passeport. Cherchez bien sur le site de Bristish air ways, vous ne trouverez pas cette précision concernant les escales hors territoires euro. Il est uniquement indiqué que vos titres d’identité doivent être en règles avec les exigences du pays de destination (l’Irlande du sud pour nous!)
résultat: seulement 98 € remboursés sur les 786 € !!!
Quel manque de transparence et d’informations.
sans parler du niveau de remboursement…
C’est tout simplement une honte pour une compagnie qui se réclame d’autres politiques clientèle que les low cost.
Bonjour,
Malheureusement ce n’est pas la faute de compagnie. C’est à vous de vous renseigner sur les conditions d’entrées et de transits.
Si vous partez en Polynésie Française avec une escale aux USA, il vous faut là aussi faire un ESTA pour les USA. Même principe.
Amitiés, Yann.